Aristote, Ethique à Nicomaque, Tome II, livre V

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L'analyse du professeur


L'injustice de la mort de Socrate est souvent l'objet de débat philosophique. Fallait-il accepter l'application d'une loi injuste, pour protéger un monde structuré par des lois contre un monde anarchique sans loi, ou fallait-il au contraire s'opposer à l'injustice en supposant possibles des lois vraiment plus justes ?
C'est en quelque sorte le problème posé par le texte d'Aristote ici soumis à notre étude. En distinguant l'équitable du juste légal, Aristote propose en effet de montrer qu'il n'est pas possible d'attendre des lois humaines générales des réponses particulières parfaites aux conflits et aux situations d'injustice. Il préconise ainsi d'accepter une forme d'injustice afin d'établir une juste mesure pourtant moralement insatisfaisante. Comment alors comprendre ce juste qui semble écartelé entre deux types de mesures ?
Nous nous attacherons à montrer tout d'abord en quoi la loi est nécessairement imparfaite pour Aristote, pour saisir ensuite comment cette imperfection est préférable à une attitude moralement plus exigeante.
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