Annales 2008 - Y a-t-il d'autres moyens que la démonstration pour établir une vérité ?

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L'analyse du professeur

Don Juan est célèbre pour ne croire qu'une seule chose : « « deux et deux font quatre ». Esprit logique autant que libertin, il revendique la posture de celui qui ne se fie qu'au calcul de sa raison, et toute forme de vérité qui ne dépendrait pas d'une démonstration rationnelle n'est qu'un illusion de vérité, un mensonge. Récusant les propos de Sganarelle son valet qu'il accuse de n'être que des superstitions, notamment lorsqu'il lui prédit un avenir funeste s'il s'acharne à poursuite ses agissements de libertin, il finit pourtant par être rattrapé par la vérité de celui qui peine à démontrer le sens de ses convictions. À la faveur de cette célébrissime intrigue de Molière se pose le problème de l'accès au vrai : « y a-t-il d'autres moyens que la démonstration pour établir une vérité ? » L'ambiguïté de ce sujet tient au fait que l'établissement d'une vérité suppose une manière d'établir, une structure, c'est-à-dire une capacité à construire le vrai, ce que semble proposer de façon privilégiée la démonstration. Tout au contraire, une intuition inexplicable du vrai, une conviction irrationnelle, ne semble pas disposer au même titre d'un pouvoir d'établissement du vrai. Cette déficience est toutefois loin d'être évidente, puisque celui qui prétend posséder intuitivement le vrai, sur le mode d'une conviction religieuse par exemple, ne laisse pas d'affirmer que ce vrai est établi en lui, solidement ancré et fondé. Se pose alors le problème de ce qu'il faut entendre par établissement du vrai : faut-il y voir une capacité à démontrer qu'une conviction n'est pas simplement subjective, auquel cas la vérité se veut objective et communicable d'un esprit à un autre, ou faut-il au contraire penser que la seule chose qui importe est la conviction elle-même, et la manière dont elle signifie pour celui qui la possède ?

Nous nous efforcerons tout d'abord de montrer que le vrai, comme capacité à vérifier qu'une conviction intellectuelle correspond au monde réel, suppose dans sa définition même l'élaboration d'une démonstration (I). Nous chercherons toutefois ensuite à appréhender les limites de cette perspective, puisque nous ne laissons pas de considérer certaines convictions pour vraies, et de vérifier empiriquement leur validité, indépendamment de notre capacité à les démontrer, ce qui semble indiquer que le vrai n'est pas exclusivement le propre de ce qui est démontrable (II). Nous fondant sur ces limites, nous en viendrons à supposer que notre engouement pour la démonstrativité du vrai nous éloigne de la nature véritable du vrai, qui tient moins au fait d'être démontrable, qu'au fait d'être senti (III).
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