Annales 2008 - Est-ce à la loi de décider de mon bonheur ?

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L'analyse du professeur

La tragédie Antigone est devenue le symbole du combat fatal d'une soeur pour défendre les valeurs de la morale devant la contrainte du droit. La loi décide de son destin, et lui impose une mort, dont on pourrait croire qu'elle est la pire des sentences. Néanmoins, Antigone choisit cette mort, et par là elle donne un sens au choix de ses valeurs, et affirme que son bonheur passe paradoxalement par la négation de sa vie. Qui, ultimement, a décidé de la mort ? Est-ce Créon, le représentant de la loi, qui ordonne sa décision à la norme juridique, et impose ici à Antigone la fin de son bonheur ? Est-ce Antigone, la représentante de la vertu morale, qui dépasser ce qu'exige la loi en affirmant sa liberté morale dans l'espace de ce que dicte la loi ? Se pose ici la question du poids de la loi dans la conduite de la vie : est-ce à la loi de décider du bonheur de l'individu ? Cette question semble de prime abord surprenante, dans la mesure où le bonheur paraît moins relever d'une définition juridique que d'un choix moral personnel. La loi décide des normes de l'agir collectif : elle définit ce qu'il faut ou ne faut pas faire dans une société, pour un groupe d'hommes. Elle ne semble pas avoir le droit d'imposer à un individu des critères du bien et du mal. Pourtant, lorsqu'elle impose des contraintes extérieures à l'agir individuel, elle impose nécessairement des limites à l'agir moral personnel. Celui qui se plie à la loi ne peut faire ce qu'il veut. Il se trouve limité dans la pratique de ses choix moraux, et ne peut dès lors pleinement choisir de poursuivre le bonheur de son choix. Le problème devient donc celui de savoir si la contrainte juridique qui s'impose dans les faits agit comme une contrainte morale qui limite le champ des valeurs.

Nous nous attacherons tout d'abord à montrer que l'espace du juridique se dissocie par définition de l'espace du moral, et qu'il semble découler de ce principe de séparation que la loi ne décide pas du bonheur (I). Nous prendrons toutefois la mesure du conflit qui naît alors de la confrontation entre norme juridique et norme morale, pour montrer que la loi joue comme une contrainte morale qui limite extérieurement la conception du bonheur individuel, tant et si bien que l'individu ne peut faire autrement que la prendre en compte dans la conception du bonheur qui est la sienne (II). À cette limitation extérieure, nous tâcherons enfin de montrer que s'ajoute une limitation intérieure, au sens où la loi juridique ne peut avoir de légitimité qu'à la condition de prendre en compte les finalités morales, et de participer, sous la forme d'une loi morale, aux décisions que prennent les individus en vue de leur bonheur (III).
(...)

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