Annales 2007 - Peut-on en finir avec les préjugés ?

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L'analyse du professeur


Ce sujet porte sur la force de conviction des préjugés. Le préjugé semble s'enraciner en profondeur dans l'être humain, à ce qui est le plus intime en lui, à tel point qu'il ne sembe jamais possible d'en finir, quand bien même la fausseté ou l'imposture en serait démontré. Il y a donc un paradoxe implicite qui sert à constituer la problématique : en quoi ce qui apparaît comme un préliminaire insuffisant (le "pré" du préjugé), comme une surface, peut-il posséder une force telle qu'il peut rivaliser avec ce qui est prouvé et démontré ?

Nous définissons classiquement le préjugé comme un "jugement avant", c'est-à-dire un jugement rapide qui est en défaut par rapport au vrai jugement, un jugement qui se situe avant une analyse approfondie et auquel il manque une preuve et une démonstration solides. Cette définition impliquerait donc qu'il serait simple d'en finir avec les préjugés puisqu'il suffirait de leur substituer le pouvoir du vrai. Pourtant, il arrive bien souvent qu'une argumentation rationnelle ne vienne pas à bout de préjugés qui apparaissent alors indéracinables. Comment alors expliquer que le préjugé s'enracine aussi profondément dans l'individu et parvienne à le convaincre à tel point qu'il a bien souvent plus de force que des idées connues depuis longtemps ?
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