Terminale L
Terminale S
Terminale SES
Terminale Technologique
La religion
Le langage
Le travail et la technique
L’art
L’histoire
L’Etat
La justice et le droit
La société
La matière et l’esprit
La vérité
Le vivant
L’interprétation
Théorie et expérience
Autrui
La conscience et l’inconscient
La perception
Le désir
L’existence et le temps

Bonjour Camille,
Ce qui peut te gêner dans ce sujet est qu’il peut sembler paradoxal : la liberté, a priori, tu n’as pas besoin de l’apprendre. Naturellement, tu agis librement, penses librement sans qu’il te semble nécessaire de suivre un apprentissage. Au contraire même, c’est lorsque nous nous retrouvons confontés à une contrainte, qui nous rend moins libres ou non libres, que nous commençons à percevoir ce que être libre signifie.
Confrontés à un manque de liberté, la liberté prend alors tout son sens ; je suis gêné dans mon envie naturelle de faire ceci, de penser cela, d’exprimer une pensée. La liberté semble a priori naturelle donc. Tu prends conscience de sa signification une fois en présence de sa privation qui, elle, te semble moins naturelle.
Le sujet t’aurait peut-être paru plus "pertinent" si il avait été "peut-on apprendre à ne pas être libre"
Pourtant, la question "peut-on apprendre la liberté" prend tout sons sens justement en raison même de cette immédiateté naturelle que tu éprouves lorsque tu parles de liberté. Cette liberté dont tu jouis, que signifie-t-elle ? est-elle si naturelle que cela ? peut-on en faire n’importe quoi ? comment fixer d’éventuelles limites ? quels sont les domaines dans lesquels cette liberté peut s’exprimer... sommes-nous réellement conscients immédiatement de toute l’étendue de liberté dont nous disposons ou non ?
Ne sommes nous pas nous mêmes contraints et emprisonnés dans l’idée même que nous avons de la liberté ? par sa jouissance naturelle et immédiate qui nous empêche peut-être de savoir ce qu’elle signifie... voire de profiter de ce qu’elle a à offir ?
Tu as devant toi différents plans de réflexion : l’évidence de la liberté... si évidente d’ailleurs ? si tu te retrouves seule sur une île déserte, entièrement "libre" de toute contrainte... sauras-tu quoi en faire ? te sentiras-tu d’ailleurs libre ? ; n’auras-tu pas un apprentissage à faire pour te retrouver, pour ne pas dériver... pour continuer à pouvoir te définir même ? Apprendre à être libre ensuite... avec les autres ; est-ce si évident là encore... aussi naturel que la confrontation première avec la liberté ? Ne devrais-je pas là aussi apprendre à définir ma liberté dans ma relation avec l’autre ? et, plus fondamentalement, jusqu’où peut-elle aller cette liberté ? intellectuellement, métaphysiquement, psychologiquement ? admettons que ta réflexion t’amène à considérer des limites ; ne vais-je pas avoir besoin d’apprendre à exercer ma liberté, malgré ces contraintes ? Et puis-je l’apprendre...
Finalement, la liberté, cela mérite peut-être davantage de réflexions... et nécessite peut-être un apprentissage.
Bonjour Julie.
Peut-on apprendre à être libre ? Pour commencer ce sujet, il ne faut pas partir de la liberté, il faut partir de la notion d’apprendre. Il y a quelque chose de paradoxal dans cette notion. Si je ne sais pas nager, je ne peux pas l’apprendre, car nager m’est absolument étranger. Si je sais nager, comment puis-je l’apprendre, puisque je le sais déjà ? Pour apprendre à être libre, il faudrait ne pas être libre, et devenir progressivement de plus en plus libre. Autre paradoxe, qu’est-ce qu’être libre à 30 % ? à 50 % ? à 75 % ? Enfin, si je ne sais pas être libre, qui me l’apprendra ? Qui sera mon professeur de liberté ? On peut me donner la liberté (une certaine liberté, comme l’esclave qu’on affranchit). Mais comment me l’enseigner ? Voilà quelques paradoxes pour stimuler votre réflexion.
